Le notaire : le passage obligé de la succession

Le notaire est l'acteur central du règlement des successions en France. Officier public nommé par le ministre de la Justice, il dispose d'un monopole légal sur de nombreux actes liés à la transmission du patrimoine.

Ses missions dans le cadre successoral

Le notaire intervient à plusieurs niveaux dans le règlement d'une succession :

Quand le notaire est-il obligatoire ?

Le recours au notaire est légalement obligatoire dès lors que la succession comporte un bien immobilier (même une simple cave ou un garage). En l'absence d'immobilier, le notaire est obligatoire si l'actif successoral dépasse 5 965 euros.

En pratique, seules les très petites successions (comptes bancaires de faible montant, sans immobilier ni testament) peuvent se passer d'un notaire.

Définition : Acte de notoriété

L'acte de notoriété est un document authentique établi par le notaire qui constate la qualité d'héritier. Il identifie tous les héritiers, précise leurs droits respectifs dans la succession et constitue le titre permettant aux héritiers de justifier de leur qualité auprès des banques, des administrations et des tiers.

L'avocat en droit des successions

L'avocat spécialisé en droit des successions intervient dans un registre différent de celui du notaire. Là où le notaire est un rédacteur d'actes et un médiateur, l'avocat est un défenseur des intérêts de son client.

Ses domaines d'intervention

L'avocat en droit des successions est particulièrement utile dans les situations suivantes :

Comment choisir un avocat en succession ?

Privilégiez un avocat qui dispose d'une spécialisation reconnue en droit des successions ou en droit patrimonial. Vérifiez qu'il possède le certificat de spécialisation délivré par le Conseil National des Barreaux, ou à défaut une expérience significative dans ce domaine.

Bon à savoir

Chaque héritier peut faire appel à son propre notaire pour le règlement de la succession. Lorsque plusieurs notaires interviennent, ils se partagent les émoluments sans surcoût pour les héritiers. Cette possibilité est utile en cas de méfiance entre les parties.

Le conseiller en gestion de patrimoine (CGP)

Le conseiller en gestion de patrimoine est un généraliste du patrimoine qui dispose d'une vision transversale intégrant les aspects juridiques, fiscaux et financiers de la transmission. Son intervention se situe principalement en amont du décès, dans une logique d'anticipation et d'optimisation.

Le rôle du CGP dans la préparation successorale

CGP indépendant ou CGP en établissement bancaire ?

Il existe deux catégories principales de CGP :

Attention

Le CGP n'est pas habilité à rédiger des actes juridiques (testaments, donations, contrats de mariage). Ces actes relèvent de la compétence exclusive du notaire. Le CGP conçoit la stratégie ; le notaire la met en forme juridiquement.

Le fiscaliste et l'expert-comptable

Le fiscaliste est un spécialiste de la réglementation fiscale. Dans le domaine successoral, il intervient pour optimiser le traitement fiscal de la transmission et s'assurer de la conformité des opérations réalisées.

Quand faire appel à un fiscaliste ?

Le recours à un fiscaliste est pertinent dans les situations suivantes :

L'expert-comptable et la succession

L'expert-comptable peut intervenir dans le cadre successoral lorsque la succession comporte des actifs professionnels (fonds de commerce, parts de société, exploitation agricole). Son rôle est d'évaluer ces actifs et de conseiller sur les implications comptables et fiscales de leur transmission.

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Tableau comparatif : quel professionnel pour quel besoin

Le tableau suivant synthétise les domaines d'intervention et les forces de chaque professionnel :

Besoin Notaire Avocat CGP Fiscaliste
Règlement de la successionOuiNonNonNon
Rédaction testament / donationOuiNonNonNon
Conflit entre héritiersMédiationOuiNonNon
Contestation testamentaireNonOuiNonNon
Bilan patrimonial globalPartielNonOuiNon
Stratégie d'optimisationPartielNonOuiPartiel
Fiscalité internationaleNonPartielNonOui
Transmission d'entreprisePartielPartielPartielOui

Combien coûtent ces professionnels ?

Les émoluments du notaire

Les honoraires du notaire pour le règlement d'une succession sont réglementés par arrêté. Ils sont proportionnels à la valeur de l'actif brut successoral et suivent un barème dégressif :

Tranche de l'actif brut Taux applicable (HT)
De 0 à 6 500 euros1,548 %
De 6 500 à 17 000 euros0,851 %
De 17 000 à 30 000 euros0,580 %
Au-delà de 30 000 euros0,426 %

À ces émoluments proportionnels s'ajoutent des émoluments fixes pour chaque acte (acte de notoriété, attestation de propriété) et des débours (frais avancés auprès des administrations).

Les honoraires de l'avocat

Les honoraires de l'avocat sont libres et fixés par convention avec le client. Ils peuvent prendre la forme d'un taux horaire (généralement entre 200 et 500 euros de l'heure selon l'expérience et la localisation), d'un forfait pour une mission définie, ou d'un honoraire de résultat en complément.

Les honoraires du CGP

La rémunération du CGP varie selon son statut :

Bon à savoir

Le coût de ces professionnels doit être mis en perspective avec les économies potentielles qu'ils permettent de réaliser. Une stratégie d'optimisation successorale bien menée peut générer des économies de droits de succession très largement supérieures aux honoraires versés.

Comment bien choisir son professionnel

Le choix du bon professionnel est déterminant pour la qualité du conseil reçu. Voici les critères à prendre en compte :

La spécialisation

Le droit des successions est un domaine technique et évolutif. Privilégiez les professionnels qui justifient d'une spécialisation dans ce domaine. Pour les notaires, certaines études disposent d'un département dédié au droit patrimonial de la famille. Pour les avocats, vérifiez le certificat de spécialisation.

L'expérience et les références

L'expérience dans des situations similaires à la vôtre est un critère important. N'hésitez pas à demander depuis combien de temps le professionnel traite des dossiers successoraux et quel type de situations il gère habituellement.

La transparence sur les honoraires

Exigez un devis détaillé ou une convention d'honoraires avant tout engagement. Les bons professionnels n'hésitent pas à expliquer leur mode de facturation et à fournir une estimation du coût total de leur intervention.

La capacité d'écoute et de pédagogie

Un bon professionnel prend le temps de comprendre votre situation et de vous expliquer les options en termes accessibles. Méfiez-vous des professionnels qui ne posent pas de questions ou qui utilisent un jargon impénétrable sans le traduire.

À quel moment consulter ?

Le moment de la consultation dépend du type de démarche envisagée :

En amont : anticiper et optimiser

L'idéal est de consulter le plus tôt possible pour mettre en place une stratégie de transmission. Les abattements fiscaux se renouvellent tous les 15 ans : plus on commence tôt, plus les leviers sont efficaces. Un premier rendez-vous de bilan patrimonial entre 50 et 60 ans constitue un bon point de départ. Consultez notre checklist pour anticiper votre succession.

Au moment du décès : régler la succession

Après un décès, le notaire doit être contacté dans les premiers jours pour engager le processus de règlement. Le délai de 6 mois pour déposer la déclaration de succession passe vite, surtout si la succession est complexe.

En cas de conflit : ne pas attendre

Si un désaccord apparaît entre héritiers, il est préférable de consulter un avocat le plus rapidement possible. Les délais de prescription courent et certaines actions en justice doivent être engagées dans des délais stricts (5 ans pour l'action en réduction, par exemple).

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